27 juin 2007
Le banc Wifi

Le banc Wifi via Mazzini
"On a tous un banc, un arbre ou une rue", comme le chantait si justement Séverine lors de l'Eurovision 1971.
C'est vrai. Nous aussi, nous avons notre banc. C'est même un peu notre deuxième maison ces temps-ci.
Notre banc se situe sur la via Mazzini. Enfin, pour être exact, en plein milieu de la rue.
Ce n'est pas commun, certes, mais l'avantage est double : cette position particulière permet à la fois de ne pas encombrer le trottoir, et de constituer une chicane naturelle pour faire ralentir les voitures.
En outre, s'assoir sur ce banc, c'est à la fois choisir de s'octroyer un moment de repos, tout en participant activement à l'animation du quartier.
On se ménage en outre de petits suspens lorsque les voitures frôlent le banc et manquent de nous arracher un pied au passage.

On y joue du ukulélé les soirs d'été
Les applications de notre chouette banc sont multiples : on y rencontre des personnes qui attendent les pizzas qu'ils viennent de commander à La Belle Epoque, la pizzeria-kebab d'en face, dont la particularité est qu'on ne sait jamais si c'est à son tour de commander, ou bien au groupe de gauche, ou à ceux qui tentent de vous dépasser par la droite.
On y croise aussi des gens qui font la queue depuis une heure pour dîner chez Spaccanapoli ou à la Stua.
D'autres y dégustent leur glaces achetées au 249, ou patientent pendant que leurs amis choisissent un DVD à louer.

On y organise des crepes party
Ces derniers temps, nous lui avons trouvé une nouvelle fonction, fort utile : celle de point internet Wifi.
En effet, notre fournisseur d'accès Internet ayant eu l'idée lumineuse de couper notre ligne deux semaines avant la date indiquée sur notre lettre recommandée, nous avons du errer dans notre rue à la recherche d'une connexion Wifi non sécurisée. Parce que bien sûr chez nous ca ne marche pas, même en se penchant dangereusement par la fenêtre.
Nous sommes donc là, assis sur ce fameux banc avec notre ordinateur de substitution sur les genoux, pour écrire cet article.

C'est évidemment l'endroit idéal pour lire le journal
Ah oui, parce qu'il nous en est encore arrivé une bien bonne, notre nouvel ordinateur de retour du SAV Garby après deux mois de thalassordi, nous est revenu réparé. Ou presque.
On aurait pu se dire que deux mois, c'est un peu long pour changer une carte mère. Mais apparemment pas, puisque nos petits génies ont réussi à oublier d'activer la carte Wifi.
Dont acte, crise de délirium tremens de Patrick et Sandrine face à leurs adversaires mais néanmoins presqu'amis de Flarky (ben oui, 20 allers-retours chez eux ça crée des liens malgré tout), et retour du matériel pour une semaine dans les laboratoires secrets du constructeur. D'où l'ordinateur de substitution.
Mais ne boudons pas notre plaisir : dans deux semaines, notre aventure italienne se termine, et passer quelques heures sur ce banc sous le soleil nous permet de profiter encore un peu de Turin, de sa douceur de vivre et de son charme si particulier.
Sandrine et Patrick sur leur banc, d'un commun accord.
17:07 Publié dans Turin en tant que telle | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : turin, torino, banc, mazzini
17 juin 2007
Tomates anchois mozzarella
...après la Verona, cap sur la Napoli
Notre tour d'Italie en pizzas s'est donc poursuivi par une destination d'anchois : Naples.
Ah ça on a l'air de faire les marioles, mais quand même avant de partir quelque part, on se renseigne un minimum sur les us et costumes. La veille de notre départ, nous avions donc contacté notre indic' sur place qui nous a expliqué avec moules au détail que Naples c'est un peu un autre pays au coeur de l'Italie.
Et en particulier qu'il faudrait s'attendre à négocier le prix des courses en taxi ; par exemple de l'aéroport au centre ville, 15 euros était le prix maximum conseillé.
Dès notre arrivée, les chauffeurs de taxi nous ont donné le ton. Le premier nous accoste en gesticulant, charge nos bagages et nous enferme dans le taxi avant même qu'on ait pu ouvrir la bouche. Bon, on a tous les deux été en Afrique, et la négociation, ça nous connaît. On entame donc les hostilités :
- alors c'est combien pour la course ?
- oh disons 30 euros
- hein quoi attends on est pas des ricains ah ah ah 10 euros et roulez jeunesse !
- non 30 euros
- ok t'es un dur à cuire. 13 euros et on en parle plus.
Sur ce, il ouvre la portière, sort du taxi et nous jette comme des malpropres avec nos bagages, devant un parterre de touristes terrorisés. La tête haute, nous faisons à nouveau la queue dans la file de taxis. Le suivant sera le bon, après dix minutes de négociation serrée nous lui arrachons une course à 25 euros. Du grand art.
Pour le reste, Naples est une très chouette ville. Un peu bruyante certes, mais animée et colorée. Les gens sont trés sympas, même si on ne les comprend pas. Après un an d'Italien, c'est un peu déroutant, mais anchois c'est un peu normal vu qu'ils ne parlent pas italien mais napolitain (ça ressemble un peu à de l'italien, mais à nos oreilles ça sonnait plutôt comme du brésilien). Le souci, c'est que comme ils voyaient bien qu'on parlait italien, ils en déduisait que nous étions simplement complètement demeurés.
Les napolitains ont un rituel assez marrant : le soir, ils montent en famille sur un scooter, vont chercher des pizzas, les mangent sur le scooter, ensuite ils appelent la grand-mère qui habite au cinquième, elle leur fait descendre un seau où ils déposent sa part du butin. Le tout doit être réalisé dans l'ordre, et sans casque.
En parlant de pizzas, à force d'étudier le menu tous les jours, on s'est aperçu que la Caprese n'était vraiment pas si loin et on a pu faire d'une pierre deux coups. A bord du ferry, certains touristes français ont tenté de nous persuader pendant tout le trajet que Capri, c'était fini, mais franchement tout ça c'est des craques. Capri, c'est une île assez rigolote : tous les touristes s'entassent dans un minuscule village constitué de boutiques de luxe, avec des écharpes anchois ou en cachemire. Dès qu'on s'éloigne du village, c'est magnifique et il n'y a plus anchois.
Enfin, certains d'entre vous nous dirons : mais quid de la pizza Vesuvio (tomates olives) ? Et en effet, ce serait dommage de ne pas parler de Pompéi et d'Herculanum. Qui sont, sans rire, des sites absolument incroyables. Pour y aller, c'est simple, il suffit de demander un billet au comptoir de la gare de Naples, et si vous tombez sur un grand type barbu il faut attendre qu'il vous ait écrit "Vesuviana-Pompei" sur un papier pour lui réclamer les cinq euros de monnaie qu'il a malencontreusement oublié de vous rendre pour la troisième fois en trois jours.
Au bout d'une semaine, nous étions donc parfaitement rôdés en terme de pizzas et de coutumes napolitaines, on a donc décidé d'un commun accord de rentrer à Turin, et l'idée de retrouver notre havre de paix suffisait à nous mettre anchois.
Sandrine et Patrick d'un commun accord.
PS : promis, la prochaine fois on arrête notre trip sur les pizzas.
19:30 Publié dans Périples | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : naples, napoli, turin, torino, italie
12 juin 2007
Du monde au balcon
Pendant nos soucis informatiques, nous sommes partis en voyage pour oublier nos tourments.
Or le dimanche soir, c'est toujours soirée pizza. Vous allez nous dire ça n'a rien à voir, mais si en fait.
En effet, après avoir visité Venise, nous séchions sur la destination suivante.
Et c'est donc un dimanche soir, une tomate au coin de la bouche et un fil de mozzarella sur le menton, que nous est venue cette idée fabuleuse de faire le tour d'Italie en pizzas. Tout devenait simple et lumineux : pas besoin de carte, de compas et d'équerre pour déterminer notre destination : un simple menu de pizzeria suffisait.
Ce fut décidé : on commencerait par Verona, ensuite, en route pour la Napolitaine, puis Parma, Capri, Vegetariana, Calzone, Quattro Formaggi : ces contrées magnifiques et mystérieuses nous tendaient les bras.
Pas plus tard que quelques semaines plus tard, nous étions donc à Vérone. Oui, évidemment : la Verona, c'est une de nos pizzas préférées.
A Vérone il paraît qu'il y a la maison de Juliette. Mais le plus important dans cette maison, c'est le balcon. Franchement nous on voit pas trop ce que ça a d'incroyable un balcon. Nous aussi on en a un balcon, et chouette avec ça.
Par contre, on a un petit salon. Non, on est d'accord, là ça n'a aucun rapport.
Mais admettons. Puisqu'on était à Vérone, nous aussi on allait y jeter un coup d'oeil à ce balcon, après tout, il n'y avait pas de raison que d'autres l'aient vu et pas nous.
Le problème, c'est qu'à Vérone des balcons, il y en a en-veux-tu-en-voilà (mais ça on vous l'avait bien dit, ça n'a rien d'extraordinaire, un balcon). Ca nous a donc pris un certain temps pour identifier celui de Juliette.
On a d'abord crié victoire un peu tôt. En fait (paraît-il) ce n'était pas du tout le bon.
Et puis à un moment Sandrine a cru reconnaître le père de Juliette. Renseignements pris sur place, nous avions fait erreur.
La journée avançait et la fatigue commençait à poindre :
- puisque je te dis que c'est au 29.
- et moi je te dis que je ne trouve pas de "Juliette Capulet" sur l'interphone.
Finalement on a suivi le flot de touristes et on a fini par trouver.
Honnêtement, comme balcon on a vu mieux : il n'y a même pas la place pour mettre une table et deux chaises pour l'apéro. Sinon c'est chouette.
Par contre chez les Capulet on rigolait pas avec les bonnes manières : interdiction formelle de macher du chewing-gum dans l'enceinte de la maison, du coup les enfants les collaient sur le mur du couloir en entrant. Par la suite les propriétaires suivants ont tenté de camoufler tout ça avec des petits morceaux de papier, mais la finition laisse à désirer.
Bon en vrai c'est juste les touristes qui trouvent ça hyper romantique de déclarer leur flamme sur un post-it crasseux collé au mur avec un chewing-gum baveux. Ensuite le post-it tombe, le chewing-gum reste. Il y a presque quelque chose de philosophique là-dedans.
Par contre à l'intérieur c'est très propre. Leur salon est un peu plus grand que chez nous.
Le truc sympa, c'est qu'il y a des ordinateurs en accès libre qui permettent d'envoyer un mail à Juliette si par exemple on a des soucis amoureux. Comme ça fait quand même pas mal de boulot au final, Juliette a du sous-traiter une partie de l'activité à des amis à elle. Il existe donc une véritable brigade de Docs et Difools de choc qui s'active en back-office pour résoudre les problèmes sentimentaux de l'ensemble de la planète.
Pour vous dire la vérité, le balcon on ne l'a pas trouvé tout de suite, on est d'abord monté à un balcon qui ressemblait vachement, et puis on s'est rendu compte qu'on était trop haut en apercevant en contre-bas une Juliette teutonne qui posait lascivement devant un parterre de Romeos bavarois.
On atteignait des sommets de romantisme.
Alors on a décidé d'aller visiter la ville.
Sandrine et Patrick d'un commun accord.
19:24 Publié dans Périples | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : turin, verone, pizza, italie
10 juin 2007
Chronique d'un miracle informatique
Mardi, 19 heures. Le téléphone sonne.
- Pronto ? Oui bonjour monsieur, ici le SAV de Tarty. Votre ordinateur vient d’arriver, vous pouvez venir le chercher dès que vous le souhaitez.
Voilà déjà deux mois que nous attendions le retour de l’ordinateur prodigue, et depuis deux semaines nous avions entamé une campagne de harcèlement téléphonique en règle, à raison de trois appels par jour tous les deux jours.
Mais jusque là le traitement n'avait pas eu l'air de faire effet, et les gugusses de Flurby commençaient sérieusement à nous taper sur le système.
C'est donc quelques heures après un appel particulièrement musclé, où il était notamment question de détruire le magasin au lance-croquettes, que nous avons enfin reçu l'appel libérateur.
Pour le coup, ça nous a même paru suspect : on leur passe un savon et hop, comme par magie, deux heures après tout est résolu ? Non, c'était certainement un canular téléphonique.
- Dites donc, on est en direct sur Rires et Chansons ? C'est Mister Blague ?
- Mister quoi ?
- Non rien. Bon, parfait, on vient le chercher ASAP.
- Où ça ?
- Laissez tomber. Au fait il fonctionne bien ?
- Ah bah on sait pas, on l'a pas déballé.
- ....
Pas de doute, c'était bien nos amis de Crousty.
Le lendemain au magasin, on a eu droit au deuxième effet kiss cool quand on l'a allumé dans la zone de test du SAV, c'est à dire là où on a trouvé une prise, à quatre pattes sous la table du rayon informatique.
Ca avait l'air de marcher, ça on ne peut pas leur enlever. Mais toutes nos données avaient été effacées conformément à notre demande de les sauvegarder expressément.
- Dites on avait pas demandé de ne pas faire un reset du disque dur par hasard ?
- Si mais ils ont du changer la carte mère.
- Mais ça n'a aucun rapport non ?
- Je sais pas. Vous savez, moi, l'informatique...je suis pas un technicien hein.
- Ben tiens et moi je suis Mister Blague.
- Mister quoi ?
- Non, rien.
Heureusement, Sandrine n'abandonne jamais. Ca mouline dans sa tête, ça mouline jusqu'à plus soif.
Aussi, elle finit par débusquer une info comme quoi les données d'un pc après formatage, quand y'en a plus y'en a encore, Patrick se charge de trouver l'application à des couettes et quelques heures plus tard, après avoir fait appel aux experts du NCIS et aux meilleurs cryptologues du KGB, nous avions récupéré le plus important : nos photos de Venise.
Nous voici donc de retour, vraiment ravis d'un commun accord !
17:10 Publié dans Périples | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : turin, venise, italie
16 avril 2007
Le contrat de confiance
une photo rescapée
A Turin aussi, le contrat de confiance existe.
Un contrat de confiance, ça débute en achetant un ordinateur portable chez un revendeur connu, parce que comme ça on n'aura pas de problème avec la garantie et puis le service après vente c'est du solide et blablabli et flaflafla.
Un contrat de confiance, c'est revenir dix jours après parce que le bazar fonctionne en mode capricieux.
Un contrat de confiance, c'est attendre deux mois que le pc soit envoyé à Milan, soit réparé et revienne.
Un contrat de confiance, c'est donner 150 euros de caution pour avoir un ordinateur de substitution qui les vaut à peine.
Un contrat de confiance, c'est devoir appeler soi-meme pour apprendre par hasard que son pc est revenu de réparation depuis une semaine.
Un contrat de confiance, c'est quand le pc n'a pas été réparé à Milan car là-bas ils ont trouvé que tout allait pour le mieux, et qu'on finit par découvrir que tout s'arrange en changeant la batterie qui était défectueuse.
Un contrat de confiance, c'est quand quatre mois plus tard le pc, facétieux comme pas deux, rend l'ame, sur un coup de tete, sans prévenir, comme ça, paf le chien.
Un contrat de confiance, c'est quand il faut de nouveau envoyer le bazar à Milan.
Un contrat de confiance, c'est quand cette fois aucun ordinateur de substitution n'est disponible.
Un contrat de confiance, c'est quand on vous dit de repasser demain parce que l'ordinateur de substitution sera revenu, qu'on doit poser une demi-journée pour repasser demain, et que le lendemain il n'y a pas d'ordinateur de substitution disponible.
Un contrat de confiance, c'est quand un service après-vente est toujours désolé, et qu'il n'y peut jamais rien. C'est meme un leitmotiv :"dispiace, non ci possiamo nulla".
Un contrat de confiance, c'est quand on voudrait récupérer ses données (comme par exemple les deux cent autres photos de Venise qu'on n'a pas eu la bonne idée de mettre toutes en lieu sur) mais que ca dépend du sens du vent et de l'age du capitaine, qu'à Milan ils essaieront mais que c'est pas sur, et puis surtout qu'on sait pas trop s'ils essaieront vraiment, dispiace, dispiace.
Un contrat de confiance, c'est quand on dit quelque chose à quelqu'un un jour et qu'on doit le répéter à un autre le lendemain, et à un troisième le sur-lendemain, et qu'au final c'est comme si on pissait dans un violon.
Tout ça pour vous dire que malheureusement, en raison d'un contrat de confiance, nous ne serons pas en mesure d'écrire de nouveaux articles avant quelques temps.
Comme on dit ici, "dispiace, non ci possiamo nulla".
18:27 Publié dans Périples | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : contrat de confiance excessive, turin
04 avril 2007
Escapade au Lingotto (2/2)
Après avoir rejoué un peu avec la rampe, on s'est dit qu'il était temps d'aller enfin visiter ce mégastore du goût inauguré depuis peu juste en face du Lingotto...
Donc, après le coup de la rampe, nous sommes entrés chez Eataly.
Attendez, attendez, on vous espique.
Eataly, c'est pas un supermarché comme les autres, c'est une véritable ville oenogastronomique, un concept sympa comme tout.
D'ailleurs, ils travaillent main dans la main avec l'association SlowFood, le lobby piémontais de la bonne bouffe, alors c'est pour vous dire.
C'est tellement propre et ordonné, on se croirait au Bon Marché
Non seulement Eataly vous propose les meilleurs produits de toute l'italie, mais en plus l'endroit est assez conceptuel au niveau du concept.
Et le concept, c'est que ce qu'ils vendent, on peut aussi le manger sur place.
un petit resto bar du côté des pains, pâtes et pizzas
Ainsi, chaque rayon possède son coin resto-dégustation, avec un bar, des tables, et une ambiance assez étonnament réussie. Par exemple, la cave à vin, où l'on peut tirer son vin au fût, parvient presque à vous faire oublier que vous êtes au coeur d'une grande surface.
Ici, on peut faire le plein directement à la pompe
Eataly, c'est un peu l'IKEA de la bouffe : on pense y faire un saut en fin de matinée, et puis le soir on commence à se demander si on ne va pas réserver un hôtel dans le coin pour revenir le lendemain.
Mais Eataly présente trois différences de taille avec IKEA :
> Petit hun, il faut bien le dire, Eataly ce n'est pas donné. On s'est pour notre part contenté d'un pot de 100 grammes de confiture aux pommes gognoles (la confiture de pommes cotognes se déguste avec un bon fromage), et d'une baguette de pain frais (halleluja).
Coût de l'opération, 5.60 euros. C'est pas Noël tous les jours.
110 euros le bocal d'antipasti. C'est tellement cher, on se croirait au Bon Marché
> Petit d'oeufs, Eataly ce n'est pas seulement une entreprise commerciale : ils donnent aussi des cours d'oenologie et de cuisine. On vous rassure, même là, au niveau commercial, ils se débrouillent quand même assez bien (25 euros l'heure). Oui d'accord, mais Ikea ils ne donnent pas de cours de bricolage. Et pourtant, après trois heures de travail sur une armoire KRUSPROLLS, on serait prêts à les payer une petite fortune.
> Petit troyes, Eataly n'affuble pas ses produits de noms improbables et imprononçables dans une langue que personne ne comprend, et ça c'est sympa.
bon par contre ils vendent des trucs qu'on avait jamais vu ailleurs, comme des bouteilles de soda avec des pin-ups des années 50
Et non, Eataly n'est pas notre sponsor.
08:00 Publié dans Turin en tant que telle | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : torino, eataly, slowfood, turin, italie, lingotto
01 avril 2007
Escapade au Lingotto (1/2)
Aujourd'hui dimanche, nous avons enfilé nos bleus de travail pour nous rendre à l'usine.
Et on n'a pas eu à chercher bien loin pour en trouver une, car comme chacun sait, Turin est une ville on ne peut plus industrielle, et dès qu'on sort dans la rue c'est Germinal et les temps modernes réunis.
Bon non en fait pas du tout, oh oh oh, hi hi hi, premier avril et tutti quanti.
Mais qu'ils sont drôles.
Non, ce qui est vrai, c'est que Turin a un passé industriel, et qu'il en reste quelques vestiges, comme le Lingotto, ces anciens ateliers de la FIAT reconvertis en centre commercial hyper tendance et en musée mega trendy.
En effet, les turinois sont les rois de la récup, ils récupent ils récupent, ils récupent à tout va.
Un bon jour ils se sont retrouvés avec toutes ces usines vides, et ils se sont dit que c'était quand même bête de détruire de la bonne pierre comme ça.
Mais comment faire du neuf avec du vieux ?
Pour les architectes turinois ce n'était pas un problème, on allait garder la belle rampe de lancement qui permettaient d'envoyer les voitures sur le circuit d'essai du toit, et l'intégrer harmonieusement au décor, tout en permettant aux futurs consommateurs d'accéder aux différents étages qui ne mènent nulle part.
Pour inciter les brebis égarées à revenir dans le droit chemin, celui qui mène aux lumières des magasins et des restaurants, on a disposé le long de la rampe-toboggan des messages subliminaux.
des labos de chimistes désafectés, déjà c'est pas hyper chaleureux
mais une collection de sièges de dentistes des années cinquante, ça fait carrément flipper (ceux qui connaissent Sandrine comprendront encore mieux)
Après avoir bien rigolé sur cette rampe pendant vingt bonnes minutes, nous nous sommes donc résolus à faire un tour dans le centre commercial proprement dit.
Et là aussi, une fois passée l'émotion de penser qu'avant ici c'était une usine avec des ouvriers à la chaîne et que t'as vu c'est dingue comme on ressent encore si puissamment l'empreinte du passé à travers ces bâtiments qui se dressent et qui nous racontent leur histoire et tout ça tu vois, ça te prend aux tripes enfin tu vois j'veux dire, on a bien rigolé.
En effet, ces farceurs de turinois avaient monté un grand spectacle de clowns pour l'hôpital des enfants malades.
clown DJ en plein trip devant sa console
Attention : loin de nous l'idée de railler une initiative aussi sympatique.
Mais il faut bien avouer que ces clowns étaient assez fendards : alors que le dernier enfant s'était éloigné depuis longtemps avec un soupir de désolation ("pff ils sont trop nazes, on rentre maintenant ?"), nos amis continuaient à se trémousser avec fougue sur le dancefloor improvisé.
Pour preuve le document suivant, réalisé sans trucage en caméra cachée.
vous voyez des enfants vous ?
En fait, ils trippaient tellement entre eux, qu'ils en avaient tout simplement eux-mêmes oublié les mômes.
Un peu plus loin dans la galerie, des enfants imploraient leurs parents de faire demi-tour et traînaient les pieds en pleurant,"Oh non papa pas les clowns, pas les clowns, pas les cloooooooooowns".
Après avoir rejoué un peu avec la rampe, on s'est dit qu'il était temps d'aller enfin visiter ce mégastore du goût inauguré depuis peu juste en face du Lingotto...
...la suite mercredi !
20:45 Publié dans Turin en tant que telle | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : lingotto, turin, torino, fiat
25 février 2007
Une journée sans voiture (et Bob l'éponge)
Aujourd'hui à Turin il faisait un temps magnifique, comme tous les jours. Non bon d'accord le soleil n'était pas au rendez-vous, il faisait même un temps franchement pourri pour être tout à fait honnêtes.
Aussi, quand Patrick l'étoile de mer et Sandrine la sardine sont sortis faire un tour, ils étaient loin d'imaginer quelle merveilleuse journée les attendait.
Sans doute parce que, comme d'habitude, ils n'étaient au courant de rien.
En effet, en ce dimanche de l'an de grace Kelly, l'interdiction de circuler en carosse motorisé avait été déclamée dans tout le royaume du Piémont. Les turinois avaient donc repris possession des rues, en vélo, ou à pied.
Et nous, nous avons suivi Bob l'éponge.
Oui on sait, ça n'a aucun rapport avec la choucroute, ni avec le risotto d'ailleurs. C'était juste pour placer le truc avec Bob l'éponge.
Quand les italiens n'ont pas le droit d'utiliser leur sacro-sainte voiture, ils se sentent un peu perdus.
Alors, il leur faut absolument trouver des activités de substitution.
Certains se jettent sur leurs rollers, pour revivre encore, et encore, et encore, cette sensation grisante de vitesse sur quatre roues.
D'autres tentent une thérapie musicale, pour calmer des nerfs mis à rude épreuve par de longues heures de conduite à l'italienne.
Enfin, les plus dépendants au volant suivent une thérapie de groupe, orchestrée par un ancien AA (Automobiliste Anonyme) reconverti en PE (piéton évangéliste).
La première étape de la cure consiste à retrouver le sens de l'équilibre sur ses deux pieds.
La seconde phase est basée sur l'obéissance et le travail en équipe, pour permettre aux conducteurs de réapprendre les bases de la discipline et les fondamentaux d'une vie sociale.
La troisième et dernière étape : extérioriser son agressivité d'ancien conducteur. Mais, et là réside toute la difficulté de l'exercice, ne l'exprimer qu'au signal du PE. Et donc, attendre son tour patiemment, et sans klaxonner, merci.
Finalement, les plus heureux, ce sont les enfants que l'interdiction de circuler en quatre roues ne concernait pas. C'est dire si pour eux, c'était la fête.
Pas facile, dans ces conditions, de retrouver Bob l'éponge. On l'a bien aperçu, de nouveau, au détour d'une place, mais il a filé aussitôt.
Non, ça n'a toujours aucun rapport avec la journée sans voiture, mais on avait encore une vidéo de Bob l'éponge à placer.
Et puis quand même, on a passé des heures à courir derrière un ballon stupide dans toute la ville alors si c'est pour pas mettre la vidéo ensuite sous prétexte que c'est pas le sujet merci bien, alors là merci flûte quoi à la fin.
Sandrine et Patrick d'un commun accord de Maastricht.
20:50 Publié dans Expédients quotidiens | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : turin, torino, journée sans voiture, piemont, bob l'eponge
11 février 2007
Universiade, épisode 3 : Notte Bianca
Après une semaine de festivités endiablées, nous étions un peu sur les crotules. C'est vrai, quoi, on était tellement fratigués qu'on n'arrivait même plus à articluler correctement.
Mais les turinois, qui comme chacun sait sont de solides et joyeux gaillards, ne pouvaient pas décemment cloturer les universiades par une tisane, un suppo et une bonne nuit de sommeil réparateur.
D'où l'idée fantastique de clore l'Universiade par une nuit blanche, et ce durant toute la nuit, et même après le coucher du soleil.
A 23h00, nous nous sommes donc relevés pour aller assister, pantoufles et bonnets de nuits par l'appui, au feu d'artifice annonçant le début de la notte bianca.
Il était plutôt rien chouette, très lumineux et très coloré.
Quand nous nous sommes réveillés, tous les gens étaient partis assister aux différents spectacles musicaux disséminés à travers la ville.
Hauts les coeurs. Nous nous sommes trainés avec enthousiasme à la recherche de la prochaine attraction. Arrivés Place Bodoni, qui n'a rien à voir avec les pâtes à la Boudoni, nous avons suivi trois pelerins qui entraient dans le Conservatoire.
Là, des petits chanteurs à la croix de bois arrivés à l'âge de la retraite chantaient du Paolo Conte autour d'un feu de bois, malheureusement on n'a pas pu prendre de photos.
Bon, c'était formidable, nous sommes ressortis assez vite.
Sur ces entremets, nous avons croisé une bande de belges qui faisaient des percussions brésiliennes. C'est pourquoi on n'a pas été plus étonnés que ça quand on a vu des poissons géants flotter au dessus de la Place San Carlo.
Enfin, ça nous a tout de même un peu interpellés. Nous nous sommes donc dirigés vers ladite place, pour assister à un des spectacles les plus grandioses qu'on ait jamais vu de mémoire d'homme.
Le spectacle s'appelle "La Perle", et c'est l'histoire de poissons géants qui se baladent peinards sur une place de Turin transformée en aquarium géant pour l'occasion. Et c'est un spectacle français, oui madame, de la comédie française et de l'académie française.
A un moment donné, la murène, qui était partie faire du shopping via Roma, s'aperçoit que sa perle a disparu.
Plutôt remontée, elle suspecte immédiatement cette chipie de pieuvre, et va la cuisiner pour lui faire cracher le morceau. Mais la pieuvre nie tout en bloc, ce qui donne lieu à une altercation sauvage et sanguinaire.
Après avoir corrigé la pieuvre, la murène s'en prend au homard, que pour des raisons techniques indépendantes de notre volonté nous appelerons Michal. Mais Michal le homard se rebiffe et s'écrie "non c'est pas moi, j'ai pas folé, la perle du marchand", en exécutant une chorégraphie gesticulatoire extrêmement terrorisante.
Déroutée par cette rebuffade, la murène regarde passer un troupeau de méduses assez louches sans moufter.
Grand bien lui en prend, puisque finalement, c'est la baleine qui avait emprunté le bijou pour briller le temps d'un dîner mondain, et qui lui ramène en fredonnant "Je ne suis qu'une chanson".
Baleine que pour des raisons techniques indépendantes flaflafli flaflafla, nous ne nommerons pas.
Tout est bien qui finit bien, et nos amis les poissons festoyent en se déhanchant au rythme des synthés envoûtants de Jean-Michel Jarre, qui passait justement dans le coin.
Patrick et Sandrine d'un commun accord
19:10 Publié dans Universiade 2007 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : torino, turin, notte bianca, la perle
04 février 2007
Universiade, épisode 2 : les concerts
L'Universiade, c'est le sport, le dépassement de soi, plus haut, plus loin, plus fort, veni, vidi, vici, pierre qui roule tous les chats sont frits, et tout ce genre de choses.
Mais chi va piano va sano. C'est pourquoi les organisateurs ont aussi pensé à la rigole, et ont invité une brochette de chanteurs de renommée internationale à Turin. Avec à la clef un concert gratuit, chaque soir sur la Piazza Vittorio Veneto, à deux cent mètres de chez nous.
Le premier soir, on était drôlement contents, parce qu'on connaissait le groupe qui allait se produire : Le Vibrazioni.
On écoutait déjà en boucle son dernier single sur radio KissKiss, la radio che ti ascolta. On était donc fin prêts à reprendre avec le public le refrain de Vieni da me, notre titre préféré, qu'on avait appris par coeur, et à vibrer de concert avec nos amis piémontais. Bon. On s'est peut être un peu emballé : des heures de répétition sous la douche, dans la cuisine, l'achat de deux micros pour des duos chargés d'émotions, les yeux dans les yeux.
Et puis le jour F, on était les deux seuls gugusses à chanter à tue tête au milieu de quelques milliers de personnes à l'enthousiasme plus que pondéré.
le clip entier de Vieni da Me est là
Du coup pour notre deuxième concert, on n'avait rien révisé. C'est-à-dire que le groupe en question, Caparezza, était présenté comme le grand espoir italien du rap alternatif. C'est dire à quel point la description donnait envie. Damdidideh, damdididah, on s'est encore trompé sur ce coup là.
Caparezza, c'est un peu Eminem qui se déguiserait en costume de Mickey pour faire marrer les enfants. Une sorte d'ovni, à mi-chemin entre le rap east coast et le bébête show. Et là, pour le coup, la place était envahie par une foule compacte et bondissante.
Au fil des concerts, on a commencé à mieux cerner les goûts musicaux des turinois. Et quand le groupe franco-argentin Gotan Project s'est produit le dernier soir, on n'a même pas été surpris de les voir tous danser le tango dans une sorte de transe collective, pendant qu'on baillait à se décrocher la machoire à côté.
Ils sont bizarres ces piémontais. On leur offrirait U2 sur un plateau, qu'ils resteraient de marbre. Par contre, ils se déchaînent pour un rappeur anarchiste qui cultive l'autodérision.
On a eu par la suite l'explication de ce comportement collectif étonnant. D'après certains experts en sociologie psychomotrice (en tout cas, d'après les collègues de bureau de Patrick), les turinois ont en eux quelque chose de tenessee, un côté rebelle et indiscipliné, voire révolutionnaire.
C'est pourquoi, lorsque le turinois moyen prend son ticket pour faire la queue à la poste, quand il sort ses poubelles (une pour le plastique, une pour le verre, une pour le carton), ou qu'il attend sagement le bus pendant des heures dans le froid, il a dans la tête ce petit refrain "Damdidideh, damdididah, ni dieu ni roi, sans foi ni loi".
Sandrine et Patrick d'un commun accord
19:35 Publié dans Universiade 2007 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : universiade, turin, torino, crazy4you, concerts, vibrazioni, caparezza


