17 juin 2007
Tomates anchois mozzarella
...après la Verona, cap sur la Napoli
Notre tour d'Italie en pizzas s'est donc poursuivi par une destination d'anchois : Naples.
Ah ça on a l'air de faire les marioles, mais quand même avant de partir quelque part, on se renseigne un minimum sur les us et costumes. La veille de notre départ, nous avions donc contacté notre indic' sur place qui nous a expliqué avec moules au détail que Naples c'est un peu un autre pays au coeur de l'Italie.
Et en particulier qu'il faudrait s'attendre à négocier le prix des courses en taxi ; par exemple de l'aéroport au centre ville, 15 euros était le prix maximum conseillé.
Dès notre arrivée, les chauffeurs de taxi nous ont donné le ton. Le premier nous accoste en gesticulant, charge nos bagages et nous enferme dans le taxi avant même qu'on ait pu ouvrir la bouche. Bon, on a tous les deux été en Afrique, et la négociation, ça nous connaît. On entame donc les hostilités :
- alors c'est combien pour la course ?
- oh disons 30 euros
- hein quoi attends on est pas des ricains ah ah ah 10 euros et roulez jeunesse !
- non 30 euros
- ok t'es un dur à cuire. 13 euros et on en parle plus.
Sur ce, il ouvre la portière, sort du taxi et nous jette comme des malpropres avec nos bagages, devant un parterre de touristes terrorisés. La tête haute, nous faisons à nouveau la queue dans la file de taxis. Le suivant sera le bon, après dix minutes de négociation serrée nous lui arrachons une course à 25 euros. Du grand art.
Pour le reste, Naples est une très chouette ville. Un peu bruyante certes, mais animée et colorée. Les gens sont trés sympas, même si on ne les comprend pas. Après un an d'Italien, c'est un peu déroutant, mais anchois c'est un peu normal vu qu'ils ne parlent pas italien mais napolitain (ça ressemble un peu à de l'italien, mais à nos oreilles ça sonnait plutôt comme du brésilien). Le souci, c'est que comme ils voyaient bien qu'on parlait italien, ils en déduisait que nous étions simplement complètement demeurés.
Les napolitains ont un rituel assez marrant : le soir, ils montent en famille sur un scooter, vont chercher des pizzas, les mangent sur le scooter, ensuite ils appelent la grand-mère qui habite au cinquième, elle leur fait descendre un seau où ils déposent sa part du butin. Le tout doit être réalisé dans l'ordre, et sans casque.
En parlant de pizzas, à force d'étudier le menu tous les jours, on s'est aperçu que la Caprese n'était vraiment pas si loin et on a pu faire d'une pierre deux coups. A bord du ferry, certains touristes français ont tenté de nous persuader pendant tout le trajet que Capri, c'était fini, mais franchement tout ça c'est des craques. Capri, c'est une île assez rigolote : tous les touristes s'entassent dans un minuscule village constitué de boutiques de luxe, avec des écharpes anchois ou en cachemire. Dès qu'on s'éloigne du village, c'est magnifique et il n'y a plus anchois.
Enfin, certains d'entre vous nous dirons : mais quid de la pizza Vesuvio (tomates olives) ? Et en effet, ce serait dommage de ne pas parler de Pompéi et d'Herculanum. Qui sont, sans rire, des sites absolument incroyables. Pour y aller, c'est simple, il suffit de demander un billet au comptoir de la gare de Naples, et si vous tombez sur un grand type barbu il faut attendre qu'il vous ait écrit "Vesuviana-Pompei" sur un papier pour lui réclamer les cinq euros de monnaie qu'il a malencontreusement oublié de vous rendre pour la troisième fois en trois jours.
Au bout d'une semaine, nous étions donc parfaitement rôdés en terme de pizzas et de coutumes napolitaines, on a donc décidé d'un commun accord de rentrer à Turin, et l'idée de retrouver notre havre de paix suffisait à nous mettre anchois.
Sandrine et Patrick d'un commun accord.
PS : promis, la prochaine fois on arrête notre trip sur les pizzas.
19:30 Publié dans Périples | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : naples, napoli, turin, torino, italie
12 juin 2007
Du monde au balcon
Pendant nos soucis informatiques, nous sommes partis en voyage pour oublier nos tourments.
Or le dimanche soir, c'est toujours soirée pizza. Vous allez nous dire ça n'a rien à voir, mais si en fait.
En effet, après avoir visité Venise, nous séchions sur la destination suivante.
Et c'est donc un dimanche soir, une tomate au coin de la bouche et un fil de mozzarella sur le menton, que nous est venue cette idée fabuleuse de faire le tour d'Italie en pizzas. Tout devenait simple et lumineux : pas besoin de carte, de compas et d'équerre pour déterminer notre destination : un simple menu de pizzeria suffisait.
Ce fut décidé : on commencerait par Verona, ensuite, en route pour la Napolitaine, puis Parma, Capri, Vegetariana, Calzone, Quattro Formaggi : ces contrées magnifiques et mystérieuses nous tendaient les bras.
Pas plus tard que quelques semaines plus tard, nous étions donc à Vérone. Oui, évidemment : la Verona, c'est une de nos pizzas préférées.
A Vérone il paraît qu'il y a la maison de Juliette. Mais le plus important dans cette maison, c'est le balcon. Franchement nous on voit pas trop ce que ça a d'incroyable un balcon. Nous aussi on en a un balcon, et chouette avec ça.
Par contre, on a un petit salon. Non, on est d'accord, là ça n'a aucun rapport.
Mais admettons. Puisqu'on était à Vérone, nous aussi on allait y jeter un coup d'oeil à ce balcon, après tout, il n'y avait pas de raison que d'autres l'aient vu et pas nous.
Le problème, c'est qu'à Vérone des balcons, il y en a en-veux-tu-en-voilà (mais ça on vous l'avait bien dit, ça n'a rien d'extraordinaire, un balcon). Ca nous a donc pris un certain temps pour identifier celui de Juliette.
On a d'abord crié victoire un peu tôt. En fait (paraît-il) ce n'était pas du tout le bon.
Et puis à un moment Sandrine a cru reconnaître le père de Juliette. Renseignements pris sur place, nous avions fait erreur.
La journée avançait et la fatigue commençait à poindre :
- puisque je te dis que c'est au 29.
- et moi je te dis que je ne trouve pas de "Juliette Capulet" sur l'interphone.
Finalement on a suivi le flot de touristes et on a fini par trouver.
Honnêtement, comme balcon on a vu mieux : il n'y a même pas la place pour mettre une table et deux chaises pour l'apéro. Sinon c'est chouette.
Par contre chez les Capulet on rigolait pas avec les bonnes manières : interdiction formelle de macher du chewing-gum dans l'enceinte de la maison, du coup les enfants les collaient sur le mur du couloir en entrant. Par la suite les propriétaires suivants ont tenté de camoufler tout ça avec des petits morceaux de papier, mais la finition laisse à désirer.
Bon en vrai c'est juste les touristes qui trouvent ça hyper romantique de déclarer leur flamme sur un post-it crasseux collé au mur avec un chewing-gum baveux. Ensuite le post-it tombe, le chewing-gum reste. Il y a presque quelque chose de philosophique là-dedans.
Par contre à l'intérieur c'est très propre. Leur salon est un peu plus grand que chez nous.
Le truc sympa, c'est qu'il y a des ordinateurs en accès libre qui permettent d'envoyer un mail à Juliette si par exemple on a des soucis amoureux. Comme ça fait quand même pas mal de boulot au final, Juliette a du sous-traiter une partie de l'activité à des amis à elle. Il existe donc une véritable brigade de Docs et Difools de choc qui s'active en back-office pour résoudre les problèmes sentimentaux de l'ensemble de la planète.
Pour vous dire la vérité, le balcon on ne l'a pas trouvé tout de suite, on est d'abord monté à un balcon qui ressemblait vachement, et puis on s'est rendu compte qu'on était trop haut en apercevant en contre-bas une Juliette teutonne qui posait lascivement devant un parterre de Romeos bavarois.
On atteignait des sommets de romantisme.
Alors on a décidé d'aller visiter la ville.
Sandrine et Patrick d'un commun accord.
19:24 Publié dans Périples | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : turin, verone, pizza, italie
10 juin 2007
Chronique d'un miracle informatique
Mardi, 19 heures. Le téléphone sonne.
- Pronto ? Oui bonjour monsieur, ici le SAV de Tarty. Votre ordinateur vient d’arriver, vous pouvez venir le chercher dès que vous le souhaitez.
Voilà déjà deux mois que nous attendions le retour de l’ordinateur prodigue, et depuis deux semaines nous avions entamé une campagne de harcèlement téléphonique en règle, à raison de trois appels par jour tous les deux jours.
Mais jusque là le traitement n'avait pas eu l'air de faire effet, et les gugusses de Flurby commençaient sérieusement à nous taper sur le système.
C'est donc quelques heures après un appel particulièrement musclé, où il était notamment question de détruire le magasin au lance-croquettes, que nous avons enfin reçu l'appel libérateur.
Pour le coup, ça nous a même paru suspect : on leur passe un savon et hop, comme par magie, deux heures après tout est résolu ? Non, c'était certainement un canular téléphonique.
- Dites donc, on est en direct sur Rires et Chansons ? C'est Mister Blague ?
- Mister quoi ?
- Non rien. Bon, parfait, on vient le chercher ASAP.
- Où ça ?
- Laissez tomber. Au fait il fonctionne bien ?
- Ah bah on sait pas, on l'a pas déballé.
- ....
Pas de doute, c'était bien nos amis de Crousty.
Le lendemain au magasin, on a eu droit au deuxième effet kiss cool quand on l'a allumé dans la zone de test du SAV, c'est à dire là où on a trouvé une prise, à quatre pattes sous la table du rayon informatique.
Ca avait l'air de marcher, ça on ne peut pas leur enlever. Mais toutes nos données avaient été effacées conformément à notre demande de les sauvegarder expressément.
- Dites on avait pas demandé de ne pas faire un reset du disque dur par hasard ?
- Si mais ils ont du changer la carte mère.
- Mais ça n'a aucun rapport non ?
- Je sais pas. Vous savez, moi, l'informatique...je suis pas un technicien hein.
- Ben tiens et moi je suis Mister Blague.
- Mister quoi ?
- Non, rien.
Heureusement, Sandrine n'abandonne jamais. Ca mouline dans sa tête, ça mouline jusqu'à plus soif.
Aussi, elle finit par débusquer une info comme quoi les données d'un pc après formatage, quand y'en a plus y'en a encore, Patrick se charge de trouver l'application à des couettes et quelques heures plus tard, après avoir fait appel aux experts du NCIS et aux meilleurs cryptologues du KGB, nous avions récupéré le plus important : nos photos de Venise.
Nous voici donc de retour, vraiment ravis d'un commun accord !
17:10 Publié dans Périples | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : turin, venise, italie
04 avril 2007
Escapade au Lingotto (2/2)
Après avoir rejoué un peu avec la rampe, on s'est dit qu'il était temps d'aller enfin visiter ce mégastore du goût inauguré depuis peu juste en face du Lingotto...
Donc, après le coup de la rampe, nous sommes entrés chez Eataly.
Attendez, attendez, on vous espique.
Eataly, c'est pas un supermarché comme les autres, c'est une véritable ville oenogastronomique, un concept sympa comme tout.
D'ailleurs, ils travaillent main dans la main avec l'association SlowFood, le lobby piémontais de la bonne bouffe, alors c'est pour vous dire.
C'est tellement propre et ordonné, on se croirait au Bon Marché
Non seulement Eataly vous propose les meilleurs produits de toute l'italie, mais en plus l'endroit est assez conceptuel au niveau du concept.
Et le concept, c'est que ce qu'ils vendent, on peut aussi le manger sur place.
un petit resto bar du côté des pains, pâtes et pizzas
Ainsi, chaque rayon possède son coin resto-dégustation, avec un bar, des tables, et une ambiance assez étonnament réussie. Par exemple, la cave à vin, où l'on peut tirer son vin au fût, parvient presque à vous faire oublier que vous êtes au coeur d'une grande surface.
Ici, on peut faire le plein directement à la pompe
Eataly, c'est un peu l'IKEA de la bouffe : on pense y faire un saut en fin de matinée, et puis le soir on commence à se demander si on ne va pas réserver un hôtel dans le coin pour revenir le lendemain.
Mais Eataly présente trois différences de taille avec IKEA :
> Petit hun, il faut bien le dire, Eataly ce n'est pas donné. On s'est pour notre part contenté d'un pot de 100 grammes de confiture aux pommes gognoles (la confiture de pommes cotognes se déguste avec un bon fromage), et d'une baguette de pain frais (halleluja).
Coût de l'opération, 5.60 euros. C'est pas Noël tous les jours.
110 euros le bocal d'antipasti. C'est tellement cher, on se croirait au Bon Marché
> Petit d'oeufs, Eataly ce n'est pas seulement une entreprise commerciale : ils donnent aussi des cours d'oenologie et de cuisine. On vous rassure, même là, au niveau commercial, ils se débrouillent quand même assez bien (25 euros l'heure). Oui d'accord, mais Ikea ils ne donnent pas de cours de bricolage. Et pourtant, après trois heures de travail sur une armoire KRUSPROLLS, on serait prêts à les payer une petite fortune.
> Petit troyes, Eataly n'affuble pas ses produits de noms improbables et imprononçables dans une langue que personne ne comprend, et ça c'est sympa.
bon par contre ils vendent des trucs qu'on avait jamais vu ailleurs, comme des bouteilles de soda avec des pin-ups des années 50
Et non, Eataly n'est pas notre sponsor.
08:00 Publié dans Turin en tant que telle | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : torino, eataly, slowfood, turin, italie, lingotto
29 octobre 2006
La Sacra di San Michele
...ou l'histoire de la Sacra San Michele revue et corrigée par Sandrine et Patrick (les dates sont à peu près exactes, le reste est interprété au prorata).
> 5 janvier de l'an 1000 (un jeudi), 10h00, Bureau ovale du Pape.
Hugues de Montboissier, auvergnat de père en fils, attend de fort mauvaise humeur de se faire passer un savon par le Pape, rapport aux multiples péchés qu'il aurait commis dans l'année.
La porte s'ouvre enfin, laissant sortir le pénitent précédent.
"Donc, cinq ave maria quatre fois par jour et d'ici une semaine vous serez de nouveau sur pied mon fils. Au suivant !"
Hugues se lève.
> Bureau ovale du Pape, 23h00.
Hugues vient de terminer l'énumération de ses péchés et attend, anxieux, la sentence papale. Le verdict tombe : "Compte tenu des éléments de votre dossier, je suggère que vous me construisiez une jolie abbaye à la gloire de Saint Michel sur le pic d'une montagne. Attendez, restez assis, j'ai pas terminé. Vous me ferez le plaisir de la construire exactement à mi-chemin entre le sanctuaire San Michele dans les Pouilles et du Mont Saint Michel en Normandie. Et ce qui serait chouette aussi, ce serait que le jour de la Saint Michel le soleil se lève face à l'entrée de l'église. Ce sera tout, merci. On se revoit le mois prochain pour un debriefing."
> De nos jours, Sacra di San Michele, 1000 mètres d'altitude, Alpes italiennes, 14h30.
Sandrine et Patrick visitent l'abbaye, sur les traces d'Umberto Eco qui s'en est drôlement inspiré pour écrire Le Nom de la Rose.
Une visite pareille ça se mérite, c'est donc après moults virages en voiture et par conséquent un peu nauséeux que nous arrivons sur un site à vous couper le sifflet. Comme on est trés poli on sonne avant d'entrer.
En gravissant les escaliers taillés à même la roche, on se rend bien compte que notre cher auvergnat Hugues de Montboissier n'a pas du rigoler tous les jours en construisant l'abbaye commandée par le pape. Il a même du perdre un peu les pédales, car on trouve un peu partout des symboles païens mais presque.
Femmes aux serpents, symbole de luxure comme chacun sait.
Nous on sait pas trop quel genre de péchés il avait commis le bougre, mais ça devait être un sacré dossier, parce que l'abbaye est vraiment splendide, l'atmosphère unique et magique et grandiose et moustique magnifique et mystique, (trouver l'intrus, attention il y a un piège).

"Les arcs concaves de l'édifice tranchent de jambon avec les cimes enneigées des cols de lapins". (Le Nom de la Rose, citation approximative).
Ci-dessous, Sandrine est dans la tour de la Belle Alda, une petite idiote qui selon la légende s'était bazardée du haut de la tour pour échapper à des mercenaires en rut. Saint Michel, sympa, l'avait alors sauvée, et du coup pour faire la mariole elle avait remis ça, pariant vingt dollars qu'elle arriverait saine et sauve en bas. Elle s'écrasa comme une bouse sur des rochers pointus.

En deux mots comme encens, ou comme an mille, nous avons adooooré. Seul petit mi bémol, à la fin de la visite il n'y avait même pas d'omelettes de la mère Poulard, ni de galettes du Mont Saint Michel.
Greetings/Remerciements/Ringraziamenti
Nous remercions chaleureusement les personnes suivantes, sans qui cette visite n'aurait pas été possible :
Hugues de Montboissier, la mère Poulard (sans rancune), Umberto Eco, Saint Michel, la mère Michelle (elle sait pourquoi), son chat, la Belle Alda.
20:10 Publié dans Périples | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sacra di san michele, abbaye, piemont, italie
24 octobre 2006
Tant qu'il y aura des pizzas
En terme de gastronomie, les italiens ont les idées larges, et ne se cantonnent certes pas à la cuisine traditionnelle. D’ailleurs à Turin les restaurants exotiques pullulent comme des libellules. Tiens par exemple, près de chez nous il y a notre petit japo à nous « chez Kiki », enfin à nous c’est beaucoup dire, disons que ça sera sûrement le nôtre quand on aura assez d’argent pour l’essayer. Parce qu’ici le prix du sushi au kilo bah c’est pas donné donné.
En revanche, la loi italienne impose pizza et pâtes au menu de tous les restaurants quels qu’ils soient. Non bon c’est pas vrai, la loi italienne n’y est pour rien. Par contre c'est vrai que tous les restos ont leur section pizza-pâtes.
Ainsi par exemple chez Kiki, on peut tremper ses sashimis dans les pâtes à l'arrabiata de son voisin.
De même, il paraîtrait totalement déplacé de la part d’un restaurant chinois de ne pas faire figurer la mention "Pizzeria" sur son enseigne. Avec bien sûr au menu un grand choix de spécialités sino-ritaliennes : "pizzas aux nems, farfalles au canard laqué pas de problème".
Enfin, tout vendeur de kebabs qui se respecte vous proposera avec fierté la spécialité locale : la pizza kebab, fort goûtue au demeurant.
une pizza très jet-set
La recette de la pizza kebab est, à l’instar de la crêpe au suc', assez basique :
- Prendre une pizza.
- Ajouter du kebab.
- Recouvrir de salatomatoignon.
- Saupoudrer de frites.
Sur ce, on vous laisse, on va commander des pizzas moules-frites chez Léon de Bruxelles. A moins qu’on prenne des pizzas tandoori ce soir on va voir, et puis il reste aussi des pennes à l'aligot (qui file et s'étire et c'est la fête comme chacun sait) au frigo...
Trop de choix tue le choix.
Sandrine et Patrick d'un commun accord.
21:13 Publié dans Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pizza kebab, turin, italie
13 octobre 2006
Coup de pompe sur la tangente
Un bip. Une question apparaît sur l'écran du distributeur : « Digitare km »
C'était un dimanche soir froid et brumeux, dans une station-service déserte au bord de la Tangenziale Sud. J'ai toujours eu horreur des dimanches soir.
J’avais atterri ici dans l’espoir de refaire le plein, l’aiguille du réservoir flirtant dangereusement avec le zéro absolu. Un panneau, planté de travers à l’entrée de la station, annonçait comme une promesse, « Self service, 24h/24 ». Près des pompes, un distributeur automatique semblait disposé à cet effet. Sur son flanc, un schéma indiquait la procédure à suivre : introduire le montant souhaité en euros, indiquer le numéro de sa pompe, payer : c'était l'affaire d'une minute.
Je m’étais présenté devant le distributeur, avais tenté en vain d’enfourner dans la machine un billet trop froissé, puis lâché quelques jurons bien sentis avant d’introduire ma visa card.
L’écran s’était illuminé. Et c'est là que les ennuis avaient commencé...
Un second bip m'arrache à ma torpeur. L'écran affiche toujours :
« Digitare km »
Je me retourne. Cherche de l'aide. Pas un chat. J’hésite. Je tergiverse.
Je sens une vague de panique me submerger, une panique palpable et familière, qui me ramène quelques années en arrière.
Oral de maths. L’examinateur silencieux attend, imperturbable, la réponse à une question dont le sens même m’échappe, la première et dernière question de l’épreuve, et moi, scotché au tableau noir, les doigts crispés sur ma craie, je lui souris d’un air entendu tandis que ma vision se trouble; un goût métallique afflue dans ma bouche, des auréoles apparaissent sur ma chemise blanche.
Reprendre le contrôle. Vite. Je pose :
Soit x la consommation de carburant en ville. Soit y la consommation sur autoroute. Soit r le ratio autoroute/ville sur un trajet t. Soit v le volume du réservoir. Soit c le volume de carburant restant.
Concentration. Efficacité. Calme. Tout ira bien. J’ai trouvé.
J’écris : 400. Tout de même, il y a quelque chose de pas net. Un truc qui cloche. Je sens bien que cette satanée machine essaie de m'embrouiller. Et si elle me retire 400 sacs ? Et si je me retrouve avec 400 litres d' unleaded gasoil ? Mais non, ça n’aurait pas de sens. Ah ouais. Parce que « Digitare kms » ça a du sens ?
Nouvelle vague d’angoisse. Vertige. Goût métallique. Auréoles. Nausée. Trou noir. Sang. Mort. Chienne de vie.
Mais non. Je me reprends. Tout ira bien. Je vais d'abord faire un essai : 10. Tout ira bien. Valider.
L’écran bourdonne. S’éteint. Se rallume.
« Opération invalide. Veuillez insérer une carte Bancomat »
La machine recrache ma carte.
« Grazie e arrivederci »
L’écran s’éteint pour de bon, et l’obscurité envahit la station.
Un sac en plastique déchiré tourbillonne entre deux pompes avant de disparaître derrière la route.
Je reste là, prostré dans la pénombre, ma carte à la main, adossé à une voiture en rade d'essence. Je reste là, immobile, partagé entre une profonde lassitude, et l’étrange soulagement de celui qui n’attend plus rien.
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Extrait de "Une Bancomat pour l'inspecteur Mac Patty", by P. L. Droughouths
Traduit de l'américain par Sandy L. Hufferns.
10:30 Publié dans Etrangetés locales | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : italie, station-service, roman noir piémontais
23 septembre 2006
Scoop à l'ipercoop
Hier en allant dans notre supermarché préféré (Ipercoop, l'hypermarché qui vous la coupe), nous avons fait une découverte sensationnelle. Ca risque de vous paraître crazy-dingo, mais il s'avère que les turinois ont certainement des gènes un peu chinois sur les bords. Vous ne nous croyez pas ? Eh bien en voici la preuve par l'image :
Preuve numéro 1 : Les turinois mangent aussi avec des baguettes.
Preuve numéro 2 : De même, ils ont un faible pour les pâtisseries de mariage crémeuses et multicolores
Preuve numéro 3 : Ils ont une passion pour le cellophane, et le jeu de Go
Preuve numéro 4 : Ils adorent les gâteaux fluo (sauf que dans ce cas précis il s'agit d'un fromage)
Preuve numéro 5 : Comme les chinois, ils raffolent du poulet - tête et abats inclus dans le forfait - d'ailleurs à quoi reconnait-on un bon poulet piémontais ? à son regard malicieux pardi !
l'oeil est vif et pétillant
hop encore une pour la route
Preuve numéro 6 : Dès leur plus tendre enfance, ils apprennent que l'argent dirige le monde.
touche pas au grisbi, flaflope! (cf les flonflons flinfleurs)
Donc les italiens sont des chinois, CQFD.
"Je ne crois pas à l'intime conviction, je ne crois qu'aux preuves matérielles" (Gil Grissom, Les Experts CSI)
Sandrine et Patrick d'un commun accord
20:50 Publié dans Etrangetés locales | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : italie, chine, piemont, turin, ipercoop
01 septembre 2006
Un chouette quartier, épisode 2
Si ce n'est pas encore fait, filez lire l'épisode 1 et qu'on ne vous y reprenne plus, mauvaise graine.
Nous voici donc dans la rue.
dans la rue
Aujourd'hui c'est jour de marché. Comme tous les jours d'ailleurs.
En effet, les turinois ont pour habitude de faire toutes leurs courses dans les commerces de proximité, et les grandes surfaces ont encore du mal à s'imposer. Ce qui explique pourquoi il y a beaucoup de marchés à Turin, et aussi pourquoi tout est y moins cher qu'ailleurs.
Le marché, c'est très chouette.
le marché, via Madama Cristina
On peut y trouver des fruits pas cher,
se ravitailler en pastèques pour l'hiver,
bizarrement, personne n'achète de pastèque
bref ce serait vraiment le bonheur si seulement Patrick était végétalien.
poivrons a gogo
A côté du marché, nous faisons une halte pour "susurrer" un café. Très vite, nous percevons l'étrangeté du lieu. La clientèle est en effet exclusivement composée d'hommes. Les tempes grisonnantes, le ventre ventripotent, ils nous dévisagent avec insistance. Leur regard est affuté comme un renard, et lubrique comme Stanley. Et à dire vrai, ils ont tous l'air d'attendre quelque chose sans en avoir l'air.
En fait, le café donne directement sur un petit cinéma de quartier. En nous penchant un peu vers la droite, nous découvrons une affiche, très nature, de chevaux sauvages s'abreuvant au bord de la rivière, et, à côté, des photos de modèles de coiffure. Tiens ça c'est original, un cinéma spécialisé dans les chevaux et dans les cheveux !
chevaux et cheveux
Finalement, las des regards insistants de nos voisins, nous nous décidons à lever le camp. C'est en passant devant le cinéma que nous découvrons qu'il s'agit bien d'un cinéma thématique, en effet spécialisé dans les étalons, mais pas du tout dans les cheveux.
on s'fait une ptite toile ?
Quel rapport avec les chevaux ? Euh eh bien pour plus de détails, jetez un coup d'oeil sur le lien suivant : J'ai plus de 18 ans
17:00 Publié dans Expédients quotidiens | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : turin, torino, vie, quartier, marché, italie, cristina
23 août 2006
Autopromotion
Bonjour bonjour !
Comment ça va ? Nous ça va. Comme vous ne cessiez de me le demander (allons allons ne dites pas non), j'ai enfin pris le temps de rédiger une note retraçant les différentes étapes de notre installation en Italie, afin de faire profiter au monde entier des enseignements tirés de notre propre expérience.
Mais ne nous emballons pas, après tout ce n'est rien qu'un petit essai de traité philosophique - mais pratique tout à la fois - à l'usage des générations futures de migrants, disons euh eh bien une sorte de guide heuristique et spirituel de l'expatrié, qui l'épaulera chaque jour dans la transformation de son karma négatif en karma positif et bénéfique, pour dire les choses plus simplement.
Bon Patrick, maintenant tu arrêtes de tripper tout seul, et tu leur donnes ce fichu lien vers l'article : S'installer à Turin. Vous pouvez aussi y accéder à partir de la colonne de gauche, dans Catégories > S'installer à Turin
11:40 Publié dans Expédients quotidiens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : installation, guide, turin, italie, expatriation, logement


